
Dans un contexte troublé qui fragilise le Sahel, le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, réélu en 2024, mise sur la stabilité et l’ouverture pour renforcer l’attractivité du pays.
Les réformes engagées en Mauritanie sur les plans institutionnel et sécuritaire favorisent l’émergence d’un environnement plus attractif pour l’investissement, propice à la stabilité macroéconomique et à une croissance durable. La croissance économique était estimée à 5,1 % en 2024, et les perspectives à court et moyen termes s’annoncent positives.
Grâce au soutien financier substantiel des bailleurs bilatéraux et multilatéraux, la situation de la dette s’est améliorée depuis 2022, de même que les équilibres budgétaires. La Banque mondiale s’illustre par un engagement actif, avec dix projets en cours pour une enveloppe nette de 360 millions de dollars, tandis que le FMI a conclu en 2023 un programme de 86 millions de dollars pour accompagner les réformes structurelles.
Malgré certains facteurs de vulnérabilité – volatilité des cours du minerai de fer, effets du changement climatique – les perspectives économiques demeurent solides. Avec 53 % de la population âgée de moins de 20 ans, la Mauritanie bénéficie d’un capital humain important et cette jeunesse, alliée à une digitalisation encore peu développée, offre un terreau favorable à l’émergence de nouveaux marchés numériques.
« La Mauritanie est prête à devenir un acteur régional et mondial »
Le potentiel naturel de la Mauritanie repose sur deux piliers majeurs : des ressources minières de premier plan, telles que le fer et l’or, et un domaine maritime riche en ressources halieutiques. L’exportation des premières atteint une valeur annuelle de 2,5 milliards d’euros, tandis que les produits de la pêche représentent 19,7 % des exportations totales, soit 675 millions d’euros.
La directrice de l’Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie, Aïssata Lam, figure engagée dans la diversification économique, appelle à « repositionner la Mauritanie comme destination d’investissement » pour que le pays prenne toute sa place d’« acteur régional et mondial ». Pour cela, l’État peut compter sur ses ressources naturelles abondantes, ainsi que sur son positionnement stratégique au carrefour des routes commerciales régionales, au sein d’une zone émergente de libre-échange.
En témoigne le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), conduit en partenariat avec le Sénégal et évalué à 30 milliards de dollars sur trente ans. La présidence du docteur mauritanien Sidi Ould Tah, ancien président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, renforcera également l’intégration régionale de la Mauritanie.
Le pays attire d’ores et déjà des multinationales occidentales comme TotalEnergies. Si l’État est aujourd’hui dans une « très bonne dynamique pour le développement du secteur privé », selon le directeur général de MEDEF International, c’est qu’il constitue un véritable îlot au cœur d’un espace régional instable.
Aucun attentat depuis 2011, le pari de la sécurité
Condition sine qua non de l’attractivité, la stabilité est justement le point différenciant du pays. La Mauritanie est entourée de foyers d’insécurité où prolifèrent des réseaux de trafiquants et des groupes armés terroristes, dont l’État islamique au Grand Sahara (EIGS). Une stratégie multidimensionnelle, adaptée à la guérilla saharienne, a permis à l’armée d’endiguer cette menace. Elle a fait de la Mauritanie le seul État de la région à ne pas avoir connu d’attaque jihadiste depuis 2011.
Dans un contexte régional marqué par le recul de l’influence française, la Mauritanie se distingue également par le maintien de relations bilatérales constructives avec Paris. En parallèle, le pays se caractérise par une continuité institutionnelle et un processus de transition démocratique maîtrisé, lors des élections de 2019 puis de 2024.
L’accession au pouvoir de Mohamed Ould Ghazouani s’est déroulée dans un cadre constitutionnel et pacifique, salué notamment par le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Pour son second mandat, et dans le cadre du programme « Mes ambitions pour la Patrie », le président s’attache à promouvoir au renforcement d’une économie résiliente et durable, et positionne la Mauritanie comme un partenaire stable et coopératif.

