Entre le Mali et la France, le torchon brûle


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Des militaires en armes devant une station-service
Des militaires en armes devant une station-service.

Le gouvernement malien a décidé de mettre fin à la présence des Français sur son territoire. Une décision présentée comme un acte de souveraineté et qui s’inscrit dans une dynamique de volonté des peuples africains de reprendre en main la gestion politique, économique et sécuritaire de leurs pays.

Vendredi 7 novembre 2025, le ministère français des Affaires étrangères a conseillé à ses ressortissants de quitter temporairement le Mali. Paris justifie cette décision par le contexte sécuritaire tendu mais aussi en raison des tensions dues à l’approvisionnement en carburant et en électricité de ces derniers jours. Derrière cela, se cache la volonté de Bamako de reprendre le contrôle de son destin politique.

Des rapports à couteaux tirés entre Paris et Bamako

Les relations entre Bamako et Paris se sont dégradées ces dernières années. En cause, l’intervention militaire française lancée en 2013, sous le nom d’opération Serval puis Barkhane, qui avait pour objectif de lutter contre les groupes armés dans le Sahel.

Cette opération aura eu le mérite de repousser certaines menaces, mais elle aura aussi fait naître un sentiment de dépendance et d’ingérence auprès des Maliens.

Les gouvernements de transition ont à de nombreuses reprises reproché à Paris de ne pas respecter la souveraineté du Mali. Ces dissonances ont fini par engendrer le départ des troupes françaises et la fermeture des bases militaires.

Pourquoi les ressortissants français doivent quitter le pays ?

Le gouvernement malien souhaite bâtir une armée autonome et ambitionne de diversifier ses partenariats internationaux avec des pays africains et des alliés dits « non occidentaux ».

Le départ de la France permettrait donc au Mali d’affirmer sa dignité nationale. Cette décision est également un moyen de redéfinir les relations entre l’Afrique et l’Europe, comme le Burkina Faso et le Niger qui réclamaient le départ de la France de leurs pays respectifs il y a quelques années.

Face à cette décision, Paris a réagi avec prudence et a affirmé « prendre acte » du choix de Bamako mais regrette une rupture jugée « regrettable pour la lutte contre le terrorisme ».

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